Review Shirochwan 3/5 · Jun 3, 2024
Enfant du soleil
Il semblerait que je n'ai jamais pris le temps de faire une review des deux premiers opus de cette trilogie reboot de Tomb Raider. Je pense que ce sera chose faite après ce post.
Quand sort Tomb Raider en 2013, les gens sont décontenancés. On y incarne une Lara Croft plus jeune, inexpérimentée, plus fragile. Des efforts ont été faits …
Il semblerait que je n'ai jamais pris le temps de faire une review des deux premiers opus de cette trilogie reboot de Tomb Raider. Je pense que ce sera chose faite après ce post.
Quand sort Tomb Raider en 2013, les gens sont décontenancés. On y incarne une Lara Croft plus jeune, inexpérimentée, plus fragile. Des efforts ont été faits pour casser son image de pinup du jeu vidéo et attirer un nouveau public. Exit les double gun, cette nouvelle Lara a pour armes de prédilection son arc et des piolets d'escalade. On sent tout de suite une vibe plus "survival". Le coté inexpérimenté de Lara sert de prétexte à l'ajout d'un arbre de compétences façon RPG.
Le jeu marquera les esprits en proposant un coté cinématographique qui était encore innovent à l'époque: beaucoup de cinématiques, beaucoup de QTE qui délimitent des zones couloirs semi-ouvertes qui s'agrandiront tout au long de la trilogie.
Le souci avec ce trope de l'héroïne qui s'endurcit, c'est que ça a ses limites. On ne peut pas lui faire recommencer de Zero à chaque jeu. Même si les zones tuto ont toujours une bonne excuse pour vous faire perdre votre matériel. On repart donc dans une surenchère constante. Lara va redevenir ce parangon du badass qui tue des jaguar de 4m de haut à main nues en se baignant dans le sang de ses ennemis avec la force d'un rituel inca !
Il est moins facile de s'identifier à la Lara de Shadow of the Tomb Raider qu'à celle des précédents jeux. Elle est déjà devenue une légende, son seul lien avec le monde des vivants étant incarné par Jonah, son meilleur ami bon gars qui aurait du resté couché le jour où il a rencontré Lara Croft. Ok les quelques scènes de furie où Lara se retrouve seule contre le monde sont jouissives comme un bon film d'action sous stéroïde mais j'ai beaucoup de mal à être investi émotionnellement.
Ca pourrait d'ailleurs résumer tout le scénario de ce troisième opus: On s'en fout. Des villageois pauvres sont tués à tour de bras mais l'histoire continue car l'objectif n'est pas de sauver un village de pouilleux péruviens mais LE MONDE. Dans le premier jeu de la trilogie, nous avions de l'attachement pour les membres de l'équipe et les voir mourir ou être blessé nous touchait vraiment. Même le méchant du titre, Amaru, à qui on essaie d'installer une backstory ne m'émeut aucunement. Je pense que c'est principalement la faute à un empilement de clichés d'écriture grossiers.
D'ailleurs, pour la première fois, ces clichés font montre d'un ethnocentrisme qui a tendance à me faire tiquer. Le premier jeu se passait au japon, avec à sa tête une équipe japonaise. Les artefacts archéologiques faisaient sens avec les différentes périodes d'occupation de l'île du jeu et étaient traités avec un certains respect (à peu près autant que dans n'importe quel manga). Le deuxième jeu se passait majoritairement dans des vestiges de l'ex-URSS, pas de grandes difficulté, pas grand chose à dire.
Là le jeu décide de fondre ensemble des tribus qui ont évolué à des milliers de kilomètres et 7 siècles d'écart ? En se targuant d'un disclamer comme quoi ils avaient des experts en cultures précolombiennes dans l'équipe ? Mais allez vous faire foutre. Et le coté "J'arrive dans une culture indigène qui a des soucis et je les règle toute seule parce qu'ils sont trop nuls pour le faire eux-même". Ergh ! Come on ! Avoir des personnages racisés au casting ne vous autorise pas à faire des dingueries pareilles ??? Ajoutez en plus toutes les dépictions de la "sauvagerie" des dits peuples: moult rituels sanglants, des pères qui sacrifient leurs enfants, des condamnations sans procès, des villages manipulées sur leurs croyances comme des enfants de 4 ans alors que le jeu nous laisse bien entendre qu'ils sont plusieurs à sortir et rentrer au village et qu'ils connaissent le monde extérieur...
Et c'est dommage. Parce que le coté recherche de documents archéologique, le gameplay autour de l'apprentissage des langues etc ça avait la possibilité d'être un truc cool. De même que le mode immersion où les personnages vous parlent dans leur langue vernaculaire ! (On sent que les locuteurs natif sud-américains ne sont pas des comédiens de doublage par contre...) Idem pour la musique qui nous immerge totalement en Amérique centrale et du sud !
Pour parler du gameplay en lui-même: Shadow of the tomb raider est sorti en 2018. Ca commençait à être un peu tard pour les zones couloirs, l'absence de vrai monde ouvert et autre linéarités... Attention c'est un très très beau monde couloir. Les graphismes sont à couper le souffle sur les zones extérieures. Mais à être autant scripté le jeu en est parfois frustrant. Surtout quand la technique ne suit pas. Il n'y a rien de pire que de mourir 5 fois au même endroit parce que une collision est mal programmée, parce qu'on est éjecté d'une plateforme ou parce qu'on est en avance de 2 frames sur une cinématique non assumée et qu'on se fait tuer par la caméra ! Le système d'escalade super rigide plus d'un an après la sortie de breath of the wild, ça pique un peu.
Pour toutes ces raisons, j'ai pas pu apprécier ce jeu à fond. Et c'est une fin décevante pour une nouvelle trilogie qui avait dépoussiéré le personnage de Lara Croft et donné un nouveau souffle aux jeux d'aventure de l'époque.





